Championne du monde, et de loin !
77 061 ronds-points qu’on aimait sans se l’avouer.
Mais ça, c’était avant.
Questions fréquentes
Notre recensement fondé sur OpenStreetMap dénombre 77 061 carrefours circulaires en France métropolitaine : 61 864 giratoires, où l'on cède le passage à l'entrée, 622 ronds-points à priorité à droite — l'Étoile, la Nation, la place d'Italie — et 14 575 mini-giratoires, ces îlots franchissables qu'on prend parfois pour de la simple peinture. Plus du double du nombre de communes, et c'est très bien ainsi.
Note : oui, notre nom est un abus de langage assumé :-)
Oui, et de loin. Aucun autre pays n'approche nos 77 061 carrefours circulaires — Les Échos en estimaient 76 092 début 2026, l'Espagne en revendique ~30 000, le Royaume-Uni ~10 000, les États-Unis ~3 700, et l'Allemagne en compte six fois moins que nous. L'ironie de l'histoire : ce sont les Britanniques qui ont inventé la priorité à l'anneau (1966). La France l'a adoptée en 1984… et ne s'est plus jamais arrêtée de tourner.
Un Parisien. L'urbaniste Eugène Hénard dessine le « carrefour à giration » en 1906, et la place de l'Étoile passe en sens giratoire dès 1907. Les Britanniques perfectionnent la recette en 1966 avec la priorité à l'anneau — mais c'est la France qui en a fait un art de vivre.
Comptez autour de 500 000 € pour construire un giratoire — davantage pour les grands carrefours, qui avalent une emprise et les routes qui y mènent, nettement moins pour un mini-giratoire, qui tient parfois dans une peinture au sol et un dôme franchissable. Il se rembourse en accidents évités : par rapport à un carrefour à feux, les collisions graves chutent de moitié, et il n’y a ni feux à entretenir, ni électricité à payer. La vache en résine, elle, reste en supplément : la France a déclaré 1 148 œuvres d’art officielles.
Le panneau. Un giratoire porte un « cédez le passage » à chaque entrée : l'anneau est prioritaire. Un rond-point n'en a pas : la priorité à droite s'applique, et celui qui entre passe devant celui qui tourne — l'Étoile, la Nation. Ce que tout le monde appelle rond-point est un giratoire quatre fois sur cinq. La différence en détail, et comment on les prend.
Oui, et de préférence à celles-là. Une histoire de famille attachée à un giratoire, une œuvre qu'on n'a pas recensée, un carrefour qui manque à l'appel, une donnée qui cloche : écrivez-nous, on répond à tout.
Et si votre question portait sur les origines de tout ceci — qui a eu cette idée, pourquoi la France en a construit plus que tout le monde, ce que ça coûte et ce que ça sauve — la réponse est longue, alors elle a sa propre page : la grande histoire du giratoire.
Du meilleur de l'open data : OpenStreetMap (recensement et géométrie des giratoires), la Base Adresse Nationale de data.gouv.fr (géocodage), la base BAAC des accidents corporels de data.gouv.fr (palmarès du danger), le TMJA du Cerema (le nombre de voitures qui traversent chaque jour les giratoires du réseau national), les orthophotos de l'IGN pour les vues du ciel, et les itinéraires d’OpenRouteService. L'amour, lui, vient de nous.
Au prochain rond-point, prenez la troisième sortie
Toi seul, chaque jour, fais céder les pressés, ralentir les brutes, tourner les têtes. Toi seul offres une seconde chance à ceux qui ont raté leur sortie — il suffit de refaire un tour, comme dans toutes les belles histoires.